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📜 Archives Officielles de Novalys
Introduction
Les Archives Officielles de Novalys constituent le document de référence retraçant l'histoire de l'archipel, de ses origines géologiques à la renaissance contemporaine du 28 mai 2025. Ce document s'appuie sur des sources historiques, des témoignages maritimes, des rapports militaires déclassifiés et des études scientifiques menées par le professeur Anton Kerbel.
L'archipel de Novalys se compose de quatre îles principales : Solaris (île centrale), Néréis (île industrielle), Kaïmana (île aux crocodiles) et Moaï-Koro (île rituelle). Chacune porte en elle des strates de mémoire, des secrets enfouis et des mystères qui continuent d'alimenter les légendes locales.
🌊 La Transition — Le Renouveau de 2025
L'histoire de Novalys se construit autour d'un double mouvement : une fondation industrielle au début du XXᵉ siècle et une renaissance sociale plus d'un siècle plus tard. Dès 1903, Solaris et Néréis furent aménagées par Edgar Novalys en un ensemble urbain moderne pour l'époque, structuré autour du pont d'acier, du tramway électrique et des premiers chantiers navals. La statue de Saint Quoinquoin, déjà vénérée sur certaines îles de la Manche, fut installée très tôt sur le littoral de Solaris et devint immédiatement un repère culturel majeur.
Le déclin économique commença dans les années 1960 : l'essor des grands ports continentaux détourna le trafic maritime, entraînant des fermetures d'usines et un ralentissement progressif de l'activité portuaire. Pour autant, Novalys ne fut jamais vidée de ses habitants. La ville continua de vivre — plus discrètement, plus modestement — avec ses commerces encore ouverts, ses familles installées de longue date et un tissu social ancré dans une forte culture ouvrière.
Le 28 mai 2025 marque un tournant décisif dans les archives contemporaines. Ce jour-là, un afflux important de populations venues d'anciens territoires aujourd'hui disparus — rescapés d'effondrements, réfugiés de cités englouties, exilés cherchant une nouvelle terre — arriva sur l'archipel. Contrairement aux récits embellis qui parlaient de terres vierges, ces nouveaux habitants découvrirent une ville existante, vieillissante mais fonctionnelle, dotée d'infrastructures capables d'être réinvesties ou restaurées. Leur installation déclencha un choc démographique positif : les commerces rouvrirent, le tramway fut remis en service, le trafic du pont métallique reprit et les quartiers retrouvèrent progressivement une densité oubliée.
Mais ce renouveau s'accompagna rapidement de tensions. L'arrivée massive de nouveaux résidents provoqua une revitalisation économique aussi vive que désordonnée. Les anciens réseaux criminels — affaiblis mais jamais totalement disparus — retrouvèrent des opportunités, particulièrement dans les docks et entrepôts de Néréis. La police dut faire face à la réactivation de trafics, aux rivalités entre groupes hérités de différentes régions et à une montée brutale des conflits territoriaux.
🌋 Les Origines — Une île hors du temps
L'archipel de Novalys trouve sa source dans une activité volcanique ancienne, mais son histoire géologique reste étonnamment atypique. Les études les plus récentes indiquent que Solaris — l'île principale — n'est pas le simple produit d'une éruption unique, mais le résultat de phases successives d'activité magmatique, étalées sur plusieurs centaines de milliers d'années. Les coulées pétrifiées qui serpentent sous la ville contemporaine trahissent des périodes d'effondrement, de rehaussement et même de fracturation interne, comme si la terre avait été façonnée par plusieurs créations et destructions.
Au cœur de Solaris se dresse la Colonne de Basalte, formation géométrique presque parfaite, verticale et résistante aux siècles. Longtemps considérée comme une curiosité naturelle, elle concentre aujourd'hui l'essentiel des interrogations scientifiques. Les travaux du professeur Anton Kerbel, menés en 2025, ont mis en lumière des phénomènes inhabituels :
des poches résiduelles de magma encore tièdes, indiquant que le volcan ne dort pas totalement ;
des courants telluriques enregistrés à des fréquences incohérentes avec les modèles connus ;
des galeries souterraines très anciennes, parfois lissées comme par fusion, parfois anguleuses comme façonnées par la main de l'homme, sans qu'aucune civilisation n'en ait jamais revendiqué l'existence.
Cette complexité géologique expliquerait en partie pourquoi l'archipel est resté absent des cartes européennes pendant des siècles, malgré la densité du trafic maritime dans la zone. Plusieurs archives maritimes attestent cependant de témoignages antérieurs : des journaux de bord du XVIIIᵉ siècle évoquent un « îlot changeant », « terre brumeuse apparaissant puis disparaissant derrière la houle ». Certains récits parlent même d'une lumière vacillante visible depuis le large, qui pourrait correspondre — sans certitude — à l'emplacement actuel de la statue de Saint Quoinquoin.
L'archipel fut officiellement retrouvé au début du XXᵉ siècle, lors d'expéditions conjointes françaises et britanniques cherchant un point d'appui entre Le Havre (grand port industriel français, porte de la Seine) et Southampton (important port britannique, hub transatlantique). Sa position stratégique motiva rapidement les premières installations industrielles, et lorsque l'entrepreneur visionnaire Edgar Novalys découvrit Solaris, il comprit son potentiel. C'est ainsi qu'il fit de l'île le socle de son projet : une cité maritime moderne, articulée autour de son port naturel, de ses accès géologiques uniques et de ses vastes zones encore vierges.
⚙️ L'Âge Industriel — Edgar Novalys (1903–1960)
Edgar Novalys, né en 1867, rêvait de bâtir une ville modèle alliant expertise française et pragmatisme britannique. Il fonda la Compagnie Maritime et Industrielle de Novalys (CMIN) en 1903, et donna à la cité un nom qui évoquait à la fois le renouveau — Nova — et la tradition française — Lys.
Entre 1905 et 1925, Solaris se couvrit d'usines, de forges et d'ateliers, tandis que Néréis devint un immense chantier naval où s'élevaient coques métalliques, grues et docks. Un pont métallique relia les deux îles, accompagné d'un tramway reliant les quartiers ouvriers aux zones industrielles. L'activité était incessante, et l'archipel devint une référence en matière d'innovation maritime. Les deux guerres mondiales l'épargnèrent en raison de son isolement et de son faible intérêt stratégique, permettant à Novalys de maintenir sa prospérité durant les années 1920.
Le déclin fut plus progressif, amorcé par la centralisation portuaire et la concurrence internationale. La fermeture définitive de la CMIN en 1983 scella la fin d'une époque. Solaris et Néréis entrèrent alors dans une longue période d'attente et de silence.
🪖 Kaïmana — L'Île aux Crocodiles et Fort Kaïros
À l'est de Solaris, Kaïmana surgit de la mer comme une masse basaltique sombre, hérissée de falaises abruptes et cernée de courants imprévisibles. Depuis toujours, les habitants de Novalys lui attribuent un caractère hostile, presque rétif à l'exploration. On dit souvent qu'il existe dans l'archipel des lieux qui n'ont jamais voulu être habités, et Kaïmana fait partie de ceux-là.
Dans les années 1950, son isolement en fit pourtant un emplacement discret pour l'installation d'un avant-poste militaire. Le Fort Kaïros, modeste mais solidement ancré dans la roche, servit officiellement de station d'observation maritime durant la guerre froide. Les archives publiques s'accordent sur ce point : l'activité y fut brève, entourée d'un protocole inhabituellement strict, puis brusquement interrompue. Les motifs précis de cette fermeture n'ont jamais été clarifiés. Les documents administratifs évoquent seulement une « mise en quarantaine provisoire » du sous-sol, sans autre détail. Les comptes rendus ultérieurs se montrent encore plus laconiques, comme si les rédacteurs eux-mêmes ignoraient une partie de la réalité ou avaient reçu instruction de s'en tenir au strict nécessaire.
Une rumeur persistante, née à la fin des années 1960, affirme qu'un incident aurait eu lieu dans le bunker souterrain du fort. Certains témoignages évoquent des évacuations nocturnes, des scellés posés à la hâte, et le départ précipité de plusieurs équipes scientifiques dont le nom n'apparaît dans aucun registre civil ou militaire. Rien n'a jamais été officiellement confirmé, mais l'opacité des archives suffit à entretenir le doute.
Lorsque la guerre froide prit fin, Fort Kaïros fut abandonné sans cérémonie, livré à l'érosion et aux embruns. Très vite, la nature reprit possession des lieux. Les végétations épaisses recouvrirent les pistes, les couloirs se remplirent de débris, et les accès au bunker furent définitivement condamnés. À partir de cette période fleurirent les histoires de crocodiles — tantôt créatures échappées d'un trafic illégal ayant sombré non loin des côtes, tantôt animaux relâchés volontairement pour décourager les curieux, tantôt simples légendes amplifiées par la crainte et par l'état de délabrement du site.
Aujourd'hui, Kaïmana demeure l'endroit le plus dangereux de l'archipel. On y signale régulièrement la présence de braconniers et de réseaux clandestins profitant de l'isolement naturel de l'île. Le relief chaotique, les lagunes opaques et les ruines du fort rendent chaque exploration hasardeuse. Les forces de l'ordre n'y organisent que des opérations ponctuelles, jamais prolongées : les conditions sont trop instables, et une partie de l'île reste encore inexplorée depuis plus de trente ans.
Les habitants de Solaris et de Néréis parlent rarement de Kaïmana sans détourner le regard. Dans les esprits, l'île demeure un lieu de non-retour, rongé par les légendes, les dangers naturels et d'autres choses plus anciennes dont il vaut mieux ne pas parler.
🔬 Le Réveil scientifique — Professeur Kerbel (2025)
L'arrivée du professeur Anton Kerbel en 2025 marque une étape décisive dans la redécouverte scientifique de Solaris. Vulcanologue de renommée internationale, mais réputé pour ses intuitions presque ésotériques, Kerbel entreprit l'exploration méthodique du sous-sol de l'île et de ses structures héritées de la première industrialisation.
Ses premières analyses révélèrent que la ville de Novalys repose sur un réseau complexe de strates basaltiques, de tunnels naturels et de poches volcaniques refroidies depuis des millénaires. Là où les ingénieurs du XIXᵉ siècle avaient vu une simple base rocheuse, Kerbel identifia un tissu géologique beaucoup plus singulier :
des cavités aux parois vitrifiées sans origine évidente ;
des concentrations anormales de gaz rares, dont la présence n'est habituellement observée que dans des zones de haute activité magmatique ;
des variations électromagnétiques persistantes autour de la Colonne de Basalte, phénomène que lui-même qualifia de « signature tellurique non classifiée ».
Bien que ses rapports officiels restent strictement techniques, de nombreuses annotations retrouvées dans ses carnets personnels — parfois raturées, parfois cryptiques — laissent supposer qu'il percevait Solaris comme un lieu où la géologie dépasse les modèles connus. Kerbel n'a jamais affirmé publiquement ses hypothèses les plus audacieuses, mais les chercheurs qui ont consulté ses archives évoquent des allusions répétées à une « activité ancienne », potentiellement préhumaine, nichée au cœur même de l'archipel.
Les habitants de Novalys, fascinés autant qu'inquiets, considèrent Kerbel comme l'homme qui a révélé les profondeurs de leur terre. Ses découvertes alimentent autant les discussions académiques que les légendes urbaines, et certains estiment encore aujourd'hui que ses travaux ne représentent qu'une fraction de ce qu'il avait réellement compris.
🕊️ Saint Quoinquoin — Le Symbole éternel
La statue de Saint Quoinquoin occupe un rôle singulier dans l'identité de Solaris. Les premières mentions de la figure du Quoinquoin apparaissent dans des récits maritimes du XVIIᵉ siècle, issus de traditions propres à certaines îles de la Manche. Celles-ci évoquent un protecteur littoral, à mi-chemin entre le saint populaire et l'esprit tutélaire, chargé d'empêcher les naufrages et de veiller sur les voyageurs perdus en mer.
Lorsque les fondateurs de Novalys arrivèrent sur Solaris, la statue était déjà là, sculptée grossièrement dans la pierre grise, tournée vers le nord comme si elle attendait quelque chose. Les sources divergent sur l'origine exacte de ce premier monument :
certains parlent d'une ancienne communauté de pêcheurs ayant disparu bien avant l'arrivée d'Edgar Novalys ;
d'autres évoquent un culte insulaire oublié, présent sporadiquement dans la Manche et sur quelques îlots de l'Atlantique ;
quelques récits, plus obscurs, affirment qu'il s'agirait d'un symbole beaucoup plus ancien, antérieur à toute trace humaine connue dans l'archipel.
Quoi qu'il en soit, la statue n'a jamais cessé d'exister. À chaque période de trouble — séismes, incendies, conflits, catastrophes industrielles — elle s'en sort toujours indemne, comme si l'idée même de sa disparition était inconcevable.
Plusieurs mythes entourent également la statue et son emplacement :
certains marins affirment que la mer est plus calme au pied du promontoire où elle se dresse, même en pleine tempête ;
des pêcheurs disent avoir aperçu une lumière discrète, pulsante, émanant de la statue les nuits de brouillard épais ;
dans les carnets du professeur Kerbel, une notation marginale relie les variations électromagnétiques de la Colonne de Basalte à « un point d'ancrage ancien à proximité de la statue », sans qu'aucune étude officielle ne confirme ou n'infirme cette hypothèse.
Saint Quoinquoin demeure aujourd'hui le repère le plus constant de la culture novalysienne : un gardien sans époque, un symbole dont l'origine exacte s'est perdue dans la mer et le temps.
🗺️ Les Îles de l'Archipel de Novalys
L'archipel comprend quatre îles principales ou secondaires, toutes dotées de caractéristiques qui façonnent l'histoire et le quotidien de la cité.
Solaris
Solaris, au centre de la vie urbaine, concentre les habitations, l'hôpital, les administrations, les commerces et la place du Saint Quoinquoin. Son nom, directement issu du latin solaris — « relatif au soleil » — fait référence à la clarté qui frappe l'île à l'aube malgré les brumes fréquentes de la région. C'est également sur Solaris que se dresse la Colonne de Basalte, vestige géologique majeur et repère naturel de tout l'archipel.
Néréis
Néréis, plus rude et industrielle, conserve les traces d'un port autrefois florissant. Les entrepôts réhabilités côtoient les docks effondrés, les zones abandonnées abritent aujourd'hui des trafics et des affrontements de territoire, tandis que le commissariat central surplombe cette zone en perpétuelle tension. L'origine du nom oscille entre la mythologie maritime (Néréide, divinité de la mer) et une racine normande ancienne.
Kaïmana
Kaïmana, évoquée précédemment, demeure l'île la plus mystérieuse. Ses lagunes sombres, ses falaises et les rumeurs persistantes sur les crocodiles lui confèrent une aura ambiguë, mêlant danger, clandestinité et fascination. Le nom Kaïmana viendrait du polynésien signifiant « le pouvoir de la mer », en référence à ses courants dangereux et à sa végétation hostile.
Moaï-Koro
Moaï-Koro, enfin, constitue la plus petite des îles. Marquée par ses statues de pierre grise, une barque échouée et une croix discrète tracée sous un palmier, elle est considérée par les habitants comme un lieu de mémoire, parfois même de recueillement. Certains y voient un vestige sacré d'anciens marins, d'autres une construction artistique du début du XXᵉ siècle, mais tous s'accordent à dire que Moaï-Koro occupe une place singulière dans l'imaginaire novalysien. Aucune analyse n'a permis de dater précisément les statues : les outils ayant servi à les sculpter restent inconnus, nourrissant de nombreuses théories.
🌊 Les Soléens — Peuple Oublié de l'Archipel
Avant l'arrivée d'Edgar Novalys et la fondation industrielle de 1903, l'archipel était déjà habité. Les Soléens, peuple de pêcheurs-marins, auraient occupé Solaris entre le VIIIᵉ et le XVIIᵉ siècle. Leur existence est attestée par des artefacts archéologiques retrouvés au nord de l'île : harpons en os et pierre, fragments de poterie, fondations de màïsons (maisons en langue Soléenne) enfouies sous la végétation.
Les Soléens pratiquaient la pêche au harpon, tradition qui perdure encore aujourd'hui chez les pêcheurs de Novalys. Ils vénéraient Saint Quoinquoin comme protecteur maritime et effectuaient des rituels d'offrandes (dòran) avant chaque départ en mer. Leur langue, le Soléen, mêlait vieux français, normand et termes maritimes celtiques. Quelques expressions subsistent dans le parler local de Novalys : "faire le dòran" (offrir un cadeau), "avoir le lunoth" (être confus), "harpon droit" (agir honnêtement).
Disparition mystérieuse
Vers 1650, les Soléens disparurent brutalement de l'archipel sans laisser de traces écrites. Plusieurs hypothèses circulent : épidémie apportée par des marins continentaux, catastrophe naturelle (éruption volcanique mineure, tsunami), exode volontaire face à la raréfaction du poisson, ou absorption progressive par les populations normandes environnantes.
Selon la tradition orale, un dernier Soléen serait resté seul sur Solaris après le départ des autres. Avant de mourir au pied de Saint Quoinquoin, il aurait gravé ou murmuré ces mots, devenus maxime populaire :
"Tant que le Quoinquoin veille sur la mer, Novalys ne tombera jamais."
Lien avec Quenquend
L'architecte fantôme Quenquend, bâtisseur des trois villes successives d'EndoCraft (V1 en 2021, V2 en 2023, V3/Novalys en 2025), présente des liens troublants avec les Soléens. Son pseudonyme pourrait dériver de "Quoïn-quend" en Soléen, signifiant « Celui qui sert le Quoinquoin ». Il érige systématiquement une statue de Saint Quoinquoin dans chaque ville qu'il construit, perpétuant ainsi un culte vieux de plusieurs siècles. Certains chercheurs émettent l'hypothèse que Quenquend serait un descendant lointain des Soléens, porteur de leur mémoire et de leur mission sacrée.
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